Ligne

 

 

BoBByrinthologie…

 

 

« Nil sine labore »

 

Comme toute production humaine et artistique, la peinture de Fabien Gouttefangeas « BoBB », invite, au préalable, à rappeler que ce qui décide de la singularité d’une œuvre dépend de l’intention que chacun mettra à la recevoir.
Travailler sur le concept de labyrinthe, c’est déjà promettre un voyage particulier, une aventure mettant en jeu les dimensions physiques et psychiques de l’homme.

Le complexe, la structure dans le microcosme et l’invisible ! Voilà ce que semble nous dire l’allégorie du labyrinthe.Comprendre nos émotions, visiter cet espace intérieur pour sortir de nos états (d’âme), pour revenir vers le centre, ce cœur des choses à partir duquel tout devient visible et où les turbulences cessent.
Ce retour vers le centre, cette expérience à travers tout ce qui constitue notre condition humaine, nous éveille à un état d’être qui nous rend plus vaste. Ce labyrinthe, c’est donc le lieu du Maître, celui de l’initié.Il faut co-naître, par l’épreuve, par le travail, car Labyrinthe-laborintrus, indique par sa racine « Labor », l’idée de travail dans le sens d’effort. C’est le labor-oratoire de l’alchimiste, lieu de l’expérience, du savoir et du dire, dans lequel l’initié s’introduit pour en ressortir avec une vision transformée du monde et de lui-même, c’est-à-dire au-delà des formes.

Quel programme ! Comprendre cette dimension, c’est déjà saisir le concept de mort-renaissance, propre à toutes les formes de spiritualités.

Occident… un lieu pour mourir.
À l’ouest, depuis la nuit des temps, les civilisations mégalithiques de la façade atlantique ont dressé des pierres. De ce couchant, limite du monde connu d’alors, les portes de pierres et les labyrinthes ont eu pour fonction de conduire et ramener l’homme de la mort vers la vie, vers l’or-rient, là où le soleil se lève. Ce soleil, cette lumière qui éclaire et anime toute chose et ouvre les portes de l’inconscient, c’est le véritable or des alchimistes.

Cette quête ne leur est pas réservée, elle est celle de tout chercheur, de tout artiste humble et sincère.
Après tout, ne dit-on pas de l’alchimie qu’elle est le Grand Art, et sa finalité la réalisation du Grand Œuvre ?

Le labyrinthe, un lieu pour renaître.
C’est cette idée profonde qui traverse le travail de BoBB. Ses Bobbyrinthes, voies du pèlerinage, sont une réponse aux questions de l’Homme sur son enfance. Dans de nombreuses mythologies, ils symbolisent le ventre maternel, matière première de l’incarnation, lien nourricier, lieu comme-un avant la différentiation, l’individuation. Ils invitent celui qui s’y engage à s’imposer face au temps-mémoire, ce temps illusion qui est le nôtre, et à cheminer à travers ce plan d’accès vers l’inconscient.

À la question posée par le travail de BoBB, le philosophe, pédagogue et alchimiste du 17ème siècle Amos Comenius aurait sûrement répondu :

« Je t’ai vu dans l’erreur mon cher fils,
Et je n’ai pas voulu attendre plus longtemps,
C’est pourquoi,
Je t’ai conduit à toi-même et mené au fond de ton cœur. »

Amos Comenius, Le labyrinthe du monde et le paradis du cœur, 1631

 

                                                             Philippe VILLARD-MONDINO

*

 

Depuis 2003, j’ai constitué dans mon travail des séries qui représentent chacune des périodes de vies.
J’ai développé diverses techniques qui me permettent lors des phases de création d’être au plus près de mon message.

 
 
2 approches :

L’une, spontanée, intuitive, permet d’exprimer mon idée telle une pulsion. L’autre est plutôt axée sur la composition.

Afin d’exprimer un message parfois tourné vers une révolte sociétale, politique, sociale, environnementale.

Mes peintures matérialisent des sensations, des émotions.
Mon travail est en perpétuel mouvement grâce à une recherche continue qui me pousse à créer l’inédit et à ne ressembler à rien d’autre qu’à lui -même.

L’engagement, la spiritualité, le ressenti qualifie ma démarche pour un souhait de langage universel, tout comme l’universalité de tout art véritable.

La matière fait partie du relief de nos vie.

Sur fresque d’intérieur ou extérieur, je recherche une plasticité novatrice en suscitant images, idées et pensées.

À travers ma quête du ‘nouveau’, je me donne pour règle de ne pas en avoir.
 
 Séries :

2003-2005 : Copier/Coller

Utilisation du collage, peinture acrylique ou industrielle pour de la projection.
Spontanéité.

2e série 2004-2006 : Galaxy

Utilisation de peintures d’origines diverses et de matières naturelles ou de récupération (Objets représentatifs).
Sur le vif.

2006-2010 : Représentation

Recherche de représentation d’objet symbolique, de femmes et d’hommes.
Utilisation du trait, pochoirs, de peintures d’origines diverses.
Composition et spontanéité.

2010-2012 : Empreintes / Reliefs et matières

Utilisation de matière industrielle détournée et peintures superposées pour la volonté de couches et reliefs. L’idée de vues aériennes, satellitaires.

Spontanéité et composition

2012- : Empreinte(s)

Utilisation de matières diverses, de pi

gments et pochoirs naturels
Volonté de représenter le passé des murs de rues
L’image du temps qui passent et recouvre tout.
Ces murs qui voient tout : les faits de société, les pensées, les idées, la femme et

l’homme.
Composition et spontanéité.

2013-2016 : Témoin de mon temps

Utilisation de matières, pigments, pochoirs, peintures à l’huile, aérosol, acrylique…
Affiches, métaux souples, verres.
L’idée des strates.
Plusieurs couches successives de m

atières représentent les époques, les années, le temps qui court et s’accumule pour ne faire qu’un : notre passé commun.
Composition et spontanéité.

2016- : Bobbyrinthe Origen

Utilisation de pigments, acrylique, aérosol
Fusion des pratiques, techniques
Quête des origines

 

Ce message est également disponible en : Anglais